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Diagonales de l'actu

Human

4 Octobre 2015 , Rédigé par Philippe Rivet Publié dans #politique

Human

Une semaine après la polémique née des propos tenus par Nadine Morano chez Ruquier, il y a urgence à replacer le débat là où il doit être : l'humanité est une et diverse, comme le montre magnifiquement le film de Yann-Arthus Bertrand, diffusé voici quelques jours dans notre étrange lucarne, capable de nous offrir de si belles choses mais aussi de véritables obscénités.

Etrange d'ailleurs qu'aucun politique n'ait fait référence à ce panorama de l'humanité pour réaffirmer des principes fondamentaux qui n'excluent nullement le débat. Car, faut-il rappeler ce qui devrait être une évidence, toutes les opinions ne se valent pas. Une opinion doit être étayée et non pas se réduire à une assertion sans fondement.

Etrange qu'aucun politique - ou presque - n'ait rappelé que depuis la Seconde Guerre Mondiale, le terme de "race" était plutôt idéologiquement chargé, et le discréditait dans tout débat respectueux de l'autre.

Rassurant que des intellectuels produisent de la réflexion. A la manière posée, argumentée, d'un Roger-Pol Droit, qui nourrit le souci avéré de rester accessible au grand public, loin des postures rhétoriques douteuses.

"Qu'est-ce qui nous unit ?"" Une question urgente" à régler, et c'est précisément les titre et sous-titre promotionnel de l'essai (chez Plon) que vient de publier ce philosophe, écrivain et journaliste : 160 pages qui se lisent d'une traite, et dont je ne résiste pas à vous livrer des extraits particulièrement éclairants par les temps qui courent :

"L'image omniprésente des 'racines', des 'souches' enfouies profond dans la terre des ancêtres n'est qu'un leurre. Il est toujours dangereux. Il peut vite devenir mortifère, quand tout est submergé par les fantasmagories de la race, du sang et du sol, quand la vie sombre dans le cauchemar de la lignée des gens d'ici mise en péril par les étrangers, les rustres venus du dehors". (...) Ce qu'il faut dissiper : des confusions. Ce qu'il convient de dénoncer : des dérives. Le danger se tient en elle. Elles sont au nombre de quatre (...) : confondre identité et nature est un premier piège à éviter (...), confondre singularité et supériorité est un autre traquenard (...) Confondre terroir et Cité est encore la pire erreur (...). La dernière confusion, plus subtile, est aussi plus étrange. Elle consiste à confondre liberté et servitude. Ce qui deviendra clair en son temps".

L'essai est sorti de l'impression en août dernier. Prémonitoire, non ?

Philippe RIVET

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