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Diagonales de l'actu

Le mystificateur de talent, les épiciers de la médiocrité, les dessous d’une union en trompe l’œil. Le casse du siècle. Sans panache. Sans clarification. Exemples en Meurthe-et-Moselle.

20 Mai 2022 , Rédigé par Philippe Rivet

Le mystificateur de talent, les épiciers de la médiocrité,  les dessous d’une union en trompe l’œil.  Le casse du siècle.  Sans panache.  Sans clarification. Exemples en Meurthe-et-Moselle.

On dirait qu’ils sont nés pour éructer. Quels que soient les qualités ou les défauts du nouveau gouvernement, ils le critiqueront. On ne dit plus lobotomisés, mais mélenchonisés. Le leader de la France insoumise aura réussi son hold-up du siècle, après l’avoir mûri pendant 15 ans. Il est redevenu, ce qu’il fut déjà au début du précédent quinquennat, l’idiot utile de Macron. Pas de besoin de Le Pen pour le constater.  Il a su avec un certain talent attirer dans sa cour de récréation de nouveaux amis tous fascinés par ce qui leur est apparu, à défaut d’apparition divine, comme l’Everest de la pensée.  Tout dépend depuis où on pense.

Mais parvenir à faire signer sur sa propre ligne, à part quelques accommodements relevant surtout de la rhétorique, trois accords différents – et non un seul – avec ses nouveaux « amis » relève  de la prouesse tactique. Nous avons bien sur scène un mystificateur de talent qui n’a pas eu besoin de ses hologrammes pour amadouer quelques médiocres épiciers, surtout intéressés pour sauver leurs propres postes que par l’intérêt général.  On savait Olivier Faure sans colonne vertébrale, on n’est donc pas surpris. On l’est un peu plus avec Boris Vallaud, à qui il a été demandé de rejeter le bilan de Hollande dont il fut l’un des bras droits. Il l’a fait, sans coup férir.

Que Mathieu Klein, ancien responsable du programme de la candidate Hidalgo,  plutôt rationnel et modéré, au point d’être souvent cité comme Macron-compatible, ait acquiescé à pareil faux-accord,  voilà qui sent la manœuvre politique à plusieurs plis et replis, qui rompt singulièrement avec l’esprit de rassemblement qu’il avait su insuffler lors des municipales.

Car accepter que le candidat Nupes à Nancy soit l’ancienne tête de liste LFI aux municipales justement (4%) avec lequel il n’y avait pas eu d’accord d’union à l’époque,  avec une suppléante LFI également,  relève pour Nancy tout simplement du non-sens historique, sociologique, politique, culturel. Cela pourrait être même ressenti comme une provocation, voire une insulte à des électeurs qui ont toujours évité de privilégier les extrêmes. Que le nouveau maire ait voulu tourner la page du radicalisme pour plonger dans celui de la radicalité interpelle.  Nancy est une ville profondément, j’oserais presque écrire essentiellement, européenne, ouverte sur le monde,  qui oscille aux élections entre le centre-droit ou la droite modérée, et le centre-gauche et la gauche modérée.

En ruines, la droite locale s’est soit ralliée à Macron, soit ne parvient pas à trouver un candidat, la gestion LR de Nadine Morano expliquant en grande partie ce grand désert.

Un  boulevard s’ouvrait donc pour la sortante LREM Carole Grandjean et un candidat (ou une) pour la gauche. La gauche, pas l’extrême-gauche. D’ailleurs,  une adjointe au maire, Estelle Mercier, par ailleurs présidente du groupe majoritaire à la métropole, avait fait acte de candidature. Balayée par la section PS de Nancy, très marquée à gauche, qui a fait un joli de pied de nez au patron de la place Stan, en investissant Valérie Beausert-Leick. Ex-présidente du CD 54, battue aux départementales sur sa circonscription naturelle, la 2e, il n’avait échappé à personne qu’elle tentait sa chance sur une circo voisine, la 1. Mais à part ça, on ne peut que constater aussi le peu d’élégance manifesté par ses camarades et les chapeaux à plumes socialistes à son égard. Le moins qu’on puisse dire.  A sa place, j’aurais persisté.

Alors on est réduit aux hypothèses machiavéliennes : soit Mathieu Klein pense que le candidat LFI, Nordine Jouira, fera un score si ridicule qu’il sera condamné à disparaître de la scène politique – les socialistes ne se bousculent pas pour faire campagne -, en ajoutant l’espoir secret, contrairement à l’accompagnement officiel et photographié jusqu’à la préfecture, de la défaite – pas exclue- de Caroline Fiat, dont la circo couvre Maxéville. Soit cette alliance qui est en fait une reddition préfigure un coup de barre à gauche en vue de la reconstruction très improbable à l’heure actuelle d’un nouveau PS, une voie qui semble déjà préemptée par la très active Carole Delga, depuis l’Occitanie.  Dans une vision à court terme, l’accord avec LFI permet en tout cas de mettre sous l’éteignoir les différents au sein de la gauche nancéienne et plus largement départementale.

Mais tout cela manque de clarté. Quand le seul député PS sortant du Grand Est attend de sauver son siège dans les répartitions entre négociateurs de l’accord scélérat pour dire tout le mal qu’il pense de la Nupes, mais qu’en même temps, sa nouvelle suppléante, Audrey Bardot, par ailleurs VP du CD54, s’affiche avec la députée sortante LFI Caroline Fiat,  ce n’est plus du grand écart,  c’est une marque de mépris lancé au visage des électeurs qui préfèrent la clarté à l’ambiguïté., faute d’explications cohérentes et crédibles.

Revenons à nos moutons nancéiens. Sur la première, s’ils ne veulent pas contribuer à mettre la France à feu et à sang, les citoyens ont donc le choix entre l’abstention (que je leur déconseille vivement), le vote blanc, ou le vote en faveur de la candidate LREM, située sur l’aile droite – modérée - de la macronie (conseillère municipale d’opposition avec des élus du parti radical et LR).

 

Philippe RIVET

 

Il est midi 05 ce 20 mai,  j’hésite encore à me présenter. En attendant, j’ai commis ce blog, juste en citoyen libre.  

 

 

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