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Diagonales de l'actu

La Place Stanislas monument préféré des Français : comme un avertissement à la maire de Paris ?

16 Septembre 2021 , Rédigé par Philippe Rivet

La Place Stanislas monument préféré des Français : comme un avertissement à la maire de Paris ?

Comment convaincre au-delà du périphérique ? Tel est bien le défi qui s'impose à Anne Hidalgo, engagée dans la course présidentielle ?

La concomitance probablement fortuite de deux événements de nature différente ce mercredi souligne néanmoins l'ampleur de la tâche qui attend la maire de Paris dont le début de campagne controversé sur le salaire des profs (tactique grossière ou slogan démagogique ?) jette une ombre sur l'espoir d'enclencher vite une dynamique.

Donc, quelques heures avant le plébiscite des Français, guidés par Stéphane Bern, en faveur de la Place Stanislas, Anne Hidalgo réservait sa première dédicace de son livre - mi-autobiographique, mi-programme -  à Nancy.  Dédicace précédée d'une heure de discussion en mode salon dans la principale librairie de la ville devant une cinquantaine de personnes, militants PS, profs (ou les deux), ou citoyens addicts (il y en a encore) à la politique.

Pas de questions dérangeantes de la meneuse de jeu. La maire de Paris peut dérouler sans encombre le storytelling convenu de son parcours (il est vrai tout à fait respectable) d'une voix soyeuse, un débit maîtrisé, une émotion contenue, un sourire permanent pour éclairer le propos. Limite chattemite.  Hidalgo, la force (trop) tranquille ?

Au fait, pourquoi Nancy ? La question est osée, la réponse tout autant : " C'est une grande et belle ville, qui a le souci de la culture et des arts et parce qu'elle a un maire que j'aime beaucoup".  La déclaration d'amour manque juste un peu de flamme, mais passons.

Le choix de la "démocratie" télévisisuelle de la soirée conforte rétrospectivement le choix de l'édile.  Voilà qui sonne aussi comme la revanche de la province, comme une alerte aussi pour Anne Hidalgo la parisienne qui a saisi l'occasion pour rappeler qu'elle avait parcouru professionnellement les régions (avant son engagement politique...). Elle a surtout dit son amour de la littérature, elle se nourrit de lectures n'a-t-elle cessé de répéter.

Surtout, elle refuse avec force de se laisser réduire à une caricature.  On ne peut lui donner tort.  Elle déroule son discours, évoque les "classes" moyennes" et les "catégories" populaires (pour remplace classe par catégorie, cet affreux mot qui fait penser à un compartimentage sans âme pour statisticiens froids ?), le combat des femmes, l'égalité des sexes, convoque " les grandes dames de la dream team de Jospin", telles Aubry, Voynet (ex-écolo patronne de l'ARS de Mayotte),  Buffet (communiste), Guigou.

Le déroulé est vraiment millémétré. Elle veut " voir la vie des gens pour trouver des solutions" (elle a fait un saut à Vandoeuvre dans une séquence elle aussi très millimétrée). La formule fleure la figure imposée. Et on se  pince et on se demande soudain : est-ce une découverte ou l'a-t-elle pratiquée à Paris ?

L'école ? On y vient une demi-heure plus tard. " L'école donne un sentiment d'appartenance". Ok. Mais encore ? " Les profs sont là (...) l'école s'est retrouvée un peu toute seule pour gérer les conséquences de la c rise , la perte d'autorité des parents, la fin de la corrélation entre la formation et l'emploi. Il faut plus que jamais apprendre à apprendre. L'école et la santé sont les deux grands piliers.

On n'en saura pas plus.  Le retour conclusif de l'entretien se fait sur la littérature "avec laquelle on apprend plus que dans les journaux" (Tiens, elle aurait des comptes à régler ? ). 

Bon. Encore un voeu : " Il faut sortir du déterminisme de classe, sortir de l'assignation, c'est le rôle du politique, poser des actes". Rêvons un peu.

Comme augmenter les profs ? Perspective tue. Pas de débat. Pas le temps, tranche l'intervieweuse, " on n'a plus de place pour les questions".   Le dialogue avec "les gens",  ce sera pour la dédicace. Bref, fugace.

Il reste encore quelques chapitres à écrire (ou à préciser) d'ici À la présidentielle.  Pendant ce temps, la Place Stan s'apprêtait à devenir reine d'un soir. Et même un peu plus. A 300 km de Paris.

Philippe RIVET

 

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