Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Diagonales de l'actu

Grand-Nancy Thermal va-t-il vraiment voir le jour au printemps 2023 ? Remous en vue

25 Septembre 2021 , Rédigé par Philippe Rivet

Grand-Nancy Thermal va-t-il vraiment voir le jour au printemps 2023 ? Remous en vue

L'issue du projet de thermalisme à Nancy est entre les mains de la justice, dans un contexte politique local compliqué,  et marqué par une incertitude languissante qui pourrait décourager des investisseurs, si l'on en croit les confidences recueillies lors des visites du chantier ouvert au public ce samedi.

Un très gros point d'interrogation taraude les visiteurs. Mais pas seulement eux. Certains guides du chantier laissent percer leur amertume, même si officiellement, ils ne font pas de commentaires sur la procédure en cours.  A savoir l'appel engagé par la Métropole et opposants au projet tel qu'il est ficelé suite au jugement du tribunal administratif qui ne satisfait ni l'une ni les autres, et encore moins le contractant, le groupe Valvital associé à Bouygues Batiment Nord-Est.

Le coup de tonnerre est survenu le 9 juillet dernier quand le TA s'est prononcé pour la résiliation au plus tard le 11 décembre 2022 de la concession prévue pour 27 ans , ce qui implique le lancement d'un nouvel appel d'offres. Le tribunal critique les conditions d'attribution d'une subvention de 25 Millions d'euros au futur délégataire par le précédent exécutif métropolitain alors présidé par André Rossinot. Il lui reproche d'avoir changé les règles du jeu en cours de négociations, ce qui est strictement proscrit, rappellent les magistrats. Les nouvelles modalités auraient de fait décourager d'autres candidats que Valvital, qui aurait fixé la clause contestée dans son business plan.

Le nouvel exécutif de la métropole, en la personne de Mathieu Klein, a fait appel de la décision du TA. Et pourrait prochainement lancé, pour se protéger, un nouvel appel d'offres. Sauf que ce n'est pas si simple.

Certes, le tribunal aurait pu prononcer l'arrêt immédiat du chantier. Mais il signait l'arrêt de mort du projet. Il a voulu, selon ses termes, ne pas prononcer un jugement aux conséquences disproportionnées.  Mais en imposant la résiliation de la concession, il ouvre une période d'incertitude qui laisse planer un gros doute sur l'issue du projet, au point que Nancy pourrait perdre son agrément thermal.

Les Bouygues boys, officiellement, ne commentent pas. Mais n'en pensent pas moins. Et même parfois tout haut. Ils ne cachent pas leur perplexité face à l'imbroglio politique : mais qui dirige vraiment la métropole, s'interrogent carrément certains, soulignant que parmi les opposants coalisés autour de l'association le Bien commun,  figurent trois élus de la majorité métropolitaine, dont un vice-président.

Du côté des opposants, ce n'est pas très limpide non plus. Leur rassemblement est plutôt hétéroclite. Entre les intégristes des vieilles pierres, obsédés par le patrimoine, ceux qui demandent le retour du projet dans le giron public, les autres qui souhaitent un contrat clair qui préservent les intérêts des contribuables,  et ceux qui ne veulent pas de projet du tout (mais ne ne le disent pas forcément ouvertement), le discours des anti est parfois trop chamarré pour vraiment s'y retrouver.

Ce qui accroît l'incertitude face à l'avenir, et nourrit un climat peu propice à donner confiance aux investisseurs, suspendus à la durée de l'appel de la décision du TA.  Sera-t-il tranché avant décembre 2022 ? Et  Si les partenaires de Valvital et Bouygues, jetaient l'éponge, qu'arriverait-il ?

Le projet a été revu à la baisse par rapport aux ambitions initiales. Il était question de 100 millions d'euros, les représentants de Bouygues, lors des visites au public, évoquent eux plutôt 70 millions. On apprend que le projet d'hôtel le long de la cité scolaire Chopin, a été abandonné. Remplacé par une grande onde verte, qui sera ouverte au quartier. L'hôtellerie conservée, autour des bassins, comptera 76 chambres pour les curistes censés restés trois semaines.

Il ne manquerait plus que les écolos radicaux s'emparent du dossier, et demandent des comptes au sujet des centaines d'amphibiens, alytes accoucheurs, ces crapauds repoussés en résidence dans le parc Sainte-Marie voisin. Ils sont l'objet de toutes les attentions, suivis par un chercheur néerlandais, et devraient même faire l'objet d'un colloque à Lille dans un mois, précise un des cadres de Bouygues, qui a les manifestement pris en affection.

Les remous autour de Nancy-Thermal devraient encore alimenter la chronique pendant plusieurs mois.

Philippe RIVET

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article